Trader à son compte n’a rien d’évident, on cumule presque seul plusieurs taches distinctes, d’abord l’analyse, le trading en lui même, le money management. Il faut avoir un sens de l’organisation assez poussée et une méthode de travail rigoureuse. Généralement quand on débute, on manque souvent de repères, il y a quelques indications à prendre en considération.
- Ne pas s’éparpiller : tout intervenant sur les marchés financiers vous dira il y a une pléthore de supports à trader, y en a qui tradent les futures, d’autres les actions, le forex. Ces supports ont leur spécificité et il n’est toujours pas démontré qu’une méthode qui marche avec un de ces supports marchera obligatoirement avec les autres. Donc il est très important de se spécialiser dès le départ au lieu de s’éparpiller. De ma courte vie de trader j’ai pas encore croisé de tradeurs gagnants qui ont comme particularité de trader tous ces supports en même temps. Chacun de ces marchés offrent des opportunités de trading, ce n’est pas parce qu’on trade tous ces marchés que son espérance de gains sera accrue pour autant. A moins que l’on soit un trader averti en matière d’analyse Intermarché je ne conseillerais pas à ceux qui font leur classe de s’attaquer à ces supports en même temps. C’est très simple, la concentration requise pour suivre ces marchés en même temps requiert plus d’une personne. Ne vous surchargez pas, diversification n’est pas synonyme d’éparpillement. C’est aussi valable pour les traders actions qui veulent suivre Pierre, Paul et Jacques à la fois, vaut mieux se concentrer sur quelques titres qui répondent bien à des critères de choix objectifs qu’un large panel de titres. Il y a une réalité à laquelle il faut tenir compte : le capital. Même s’il est possible en théorie de trader toutes les valeurs qu'on surveille, il faudra tenir compte des limitations de sa plateforme de transaction ainsi que du capital dont on dispose. A force de vouloir être partout souvent on se retrouve nulle part. Le mieux c'est de se focaliser sur un support, celui qui sera le plus rentable, il va de soit.
- Intervenir selon ses disponibilités : à ce niveau, deux contraintes sont à prendre en compte : le temps et le capital dont on dispose pour l’activité du trading. Au niveau du temps il faut savoir adapter son trading en fonction du temps qu’on peut y consacrer. Par exemple : s’il est impossible de suivre les marchés durant la journée mais uniquement en fin de séance, faire du daytrading n'a pas de sens, il serait plus judicieux d’opter plutôt pour du « swing trading » où on pourra avoir le temps et le recul nécessaire pour évaluer la situation de sa position. Indépendamment du temps, il faut également prendre en compte la « taille du portefeuille ». Quand les moyens sont petits soit on utilise des outils à effet de levier ou bien on prend son mal en patience. Prendre son mal en patience c'est privilégé des intervalles d'intervention adéquats a la taille de ses positions. Quand on a 10'000 euros on ne fait pas du scalping par exemple.
- Trader c’est d’abord un état d’esprit : il y a une règle d’usage commune à la majorité des intervenants sur les marchés financiers, quand on se consacre au trading on évite souvent de laisser interférer des éléments externes nuisibles à sa concentration. Je pense pas qu'il faut s'adonner au trading parce qu'on cherche des reponses à un autre problème. On trade surtout parce qu’on a une hypothèse de travail technique ou fondamentale qui tient la route. A contrario on évitera d'initier un trade parce qu'il y a une pression externe qui urge: acheter une maison, acheter une voiture, partir en vacances, etc… La décision de trader doit être dictée par des critères inhérent au trading.
- Confiance en soit : la confiance en soit est une balance qu'on doit constamment ramener à l'équilibre. En accumulant trop de pertes, on adopte un profil défensif, l’effet pervers c’est qu’on a tendance à se laisser envahir par sa peur de perdre à nouveau. Et souvent on pense que la voie de la guérison c’est d’accumuler des trades gagnants les uns à la suite des autres. Mais le phénomène inverse existe aussi, en accumulant des trades gagnants successifs, on sent croitre cette impression d’invincibilité, de sixième sens grandissant, l’effet pervers c’est qu’on se permet plus de liberté, on ressent moins la pression. Si j’expose ces deux facettes c’est surtout pour illustrer la façon dont la confiance en soit peut-être tirée dans un sens comme dans l’autre avec les effets pervers que l’on connait. Mon point de vue, c’est que la confiance en soit se gère en temps réel. Il faut se rappeler que la dépendance entre deux trades est assez faible, c’est-à-dire que le trade que l’on vient de clôturer, qu’il soit gagnant ou perdant, ce n’est pas ce résultat qui déterminera l’issue du trade suivant. Savoir se remettre en question est probablement la marque de fabrique des traders qui sont toujours dans le circuit.
Pour conclure, je tiens à préciser que je ne cherche pas à passer pour un donneur de leçon, je partage juste mon expérience, mon vécu sur la question. Le marché n’a pas encore fini de me donner des leçons…




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