En dehors de tous les tourments qui entourent la majorité des sports cette dernière décennie (dopage, triche, violence, racisme), le sport comporte malgré tout des valeurs nobles. Je retrouve ces valeurs nobles même dans le trading. Ca peut sembler farfelu au départ, mais au moins accorder moi le bénéfice du doute et lisez jusqu’au bout… Mon analogie se rapporte au trading discretionnaire, quand des automates joueront la coupe du monde FIFA, je ferais une analogie avec le trading systématique
… Coupe du monde oblige, comme sport je m’inspire largement du football.
- Nous sommes d’abord une équipe: avoir des individualités est une bonne chose, travailler en groupe c’est mieux. Les membres d’une équipe doivent pouvoir former une unicité sur le terrain. On utilisera à bon escient les points forts de tout un chacun. Le coach est la personne en charge de cette tâche: inculquer une ligne directrice, un schéma tactique, un fond de jeu. La défense, le milieu, l’attaque ne doivent être qu’une équipe. En trading, c’est pas tellement différent. On a une floppée d’indicateurs, d’outils, tous ayant des points faibles, des points forts. Sauf qu’on est pas joueur, on est le coach. En bon coach on doit trouver la bonne balance entre les différents indicateurs qu’on a disposition pour avoir un système de trading cohérant à différents niveaux:
- La défense (avec quoi se couvrir),
- le milieu (avoir une vue d’ensemble entre ses moyens à la défense, et ses moyens à l’attaque, et savoir comment gérer la transition entre action et inaction: quand, comment, avec quel comme support, avec quoi comme levier),
- l’attaque (passer à l’action).
Tout bon système de trading doit couvrir ces trois aspects. A chaque étape il faudra choisir judicieusement quels éléments intégrés dans son système. Les éléments doivent-ils être complémentaires ? certainement. Quel est l’intérêt d’avoir deux indicateurs qui indiquent la même chose ? Tout comme un sélectionneur, il faut bien connaître les indicateurs qu’on utilise, et comment les marier. C’est ainsi que l’on construira son système de trading performant.
- Savoir gérer sa condition physique: Une compétition internationale de l’envergure de la coupe du monde de football par exemple, implique une gestion réfléchie de sa condition physique. Les moyens dont on dispose sont limités, entre l’effort et la récupération il faut du temps. Plus on avance dans la compétition, plus la fraicheur sera un élément déterminant. La condition physique est le moteur essentiel en sport: on a beau savoir ce que l’on doit faire sur le moment même, si les muscles suivent pas l’action ne sera qu’approximative.
De la même façon en trading, il faut savoir gérer son fuel: le capital. Il faut apprendre à doser ses efforts, il y aura des situations où un sureffort est nécessaire, à l’inverse des moments où il faut tempérer et gérer.
En fait dans les deux cas tout est question de return: l’effort fourni doit avoir un effet multiplicateur sur le résultat sinon il servira pas à grand chose. En trading cet aspect se retranscrit dans la façon dont on alloue son capital. Il y a des positions qui doivent-être modulables. Ribery, le but face à l’Espagne, il sait qu’en poussant ses limites aux derniers retranchements la probabilité de provoquer soit une situation dangereuse (faute et carton rouge) ou bien un goal est forte. Alors l’effort fourni comporte d’office un effet multiplicateur.
De la même façon en trading il y a des dégrés de confiance que l’on peut accorder à une situation. Vous avez le signal attendu, tout est vert, vous foncez… Vous foncez pas parce que c’est ce que votre coeur vous suggère, vous foncez parce que c’est ce que votre système de trading vous dit. C’est-à-dire qu’il y a des conditions qui sont réunies. Parfois il arrive qu’une des conditions manquent à l’appel, et pourtant la situation semble séduisante, à ce moment là on doit doser l’effort, doser la position, on évitera de foncer tête baissée. En football le coach vous dira: “Ne vous cramez pas sur des courses inutiles…”, en trading on vous dira “Ne gaspillez pas votre capital sur une intuition, une idée ou une envie…”. Le Capital est ce qu’on a de plus précieux.
- La lucidité: on dit que la marque des grands attaquants c’est d’être présent lors des grands rendez-vous, mais aussi d’avoir le geste décisif. Pour y arriver, il faut savoir gérer la tension de l’évènement, les enjeux, être au meilleur de sa forme. La lucidité, le réalisme sont les termes qu’on emploit souvent.
Beaucoup de joueurs se retrouvent souvent dans des situations identiques, pourtant le résultat differe d’un joueur à un autre. Pourquoi ? Le mental. Le geste décisif n’est jamais de l’improvisation, mais plutôt une idée que l’on a déjà, fondé sur des appréciations objectives de la situation: Faire une volée où il faut plutôt placer une tête, tirer en force où il fallait y aller en finesse juste en poussant de l’orteil la balle, les exemples pillulent.
Bien évidemment faut se doter des moyens techniques et physiques pour accomplir le geste approprié à la situation mais c’est souvent l’état mental du joueur qui prend le dessus. C’EST un mariage inévitable, technique et mental. La “Panenka” de Zidane Zidane lors de la finale de coupe du monde en 2006 contre l’Italie est un geste qui résume le mariage parfait entre technique et mental.
Je pense pas que ça soit tellement différent en trading. On a beau utilisé les mêmes outils, le même espace de travail, les mêmes approches, les mêmes règles c’est au niveau du mental qu’on se distinguera. C’est en le travaillant qu’on se perfectionne… On ne s’improvise pas lucide, on apprend à le devenir. C’est pas quelque chose d’innée, c’est pas un don, c’est une aptitude qu’on développe… Ca se travaille !
Un vieux sage disait, “l’humanité se divise en deux catégories: ceux qui gardent leur sang-froid devant l’argent, et ceux qui le perdent…” C’est une question que l’on doit d’abord élucider avant de se retrouver devant un écran de passation d’ordres boursiers.
- Le geste défensif: beaucoup moins relayé dans les médias, pourtant quand ce geste est bien exécuté il est aussi spectaculaire qu’une volée ou un retourné. Que ce soit un tacle, un contre, une tête. Le timing et le tact du geste est ce qui fait toute sa beauté. Il doit-être à la fois propre et effectué à un moment crucial. Dans chaque intention du défenseur qui accomplit ce geste il y a deux états d’esprits qui s’affrontent: si ça réussit j’aurais sauvé les meubles, si je râte j’expose mon équipe à pire…
Dans la majorité des cas, l’équipe qui arrive au bout de la compétition aura fait preuve d’une rigidité défensive. Ca rejoint l’adage boursier qui veut que: “Gagner c’est d’abord savoir comment éviter de perdre de l’argent“… Au football ça revient à dire: “Gagner c’est d’abord savoir comment éviter d’encaisser“…
On les valorise peu, les défenseurs, les récupérateurs. Un exemple flagrant, Makelele membre de l’équipe de France a également décidé de raccrocher, c’est presqu’un fait divers pourtant c’est un gouffre à combler que ce joueur laisse à ce poste.
En trading c’est pareil, la foule est toujours attiré par les gros coups, mais les gens s’attardent pas beaucoup sur les techniques défensives. 9 débutants sur 10 vous diront: je fais du trading pour gagner de l’argent. Pourtant le trading comporte aussi ces deux facettes: d’abord comment protéger son capital, ensuite comment gagner de l’argent, l’un ne va pas sans l’autre. Au niveau du football c’est pas tellement différent, une bonne défense est un garant de taille. On ne trade pas sans moyen de défense. La survie de n’importe quel trader, aussi doué soit-il en dépend.
- L’humilité: le respect de l’adversaire, être humble sont aussi des valeurs propres aux grands champions. Ils le font pas vraiment parce qu’ils sont nés comme ça, mais surtout parce qu’ils savent que c’est un garde fou. Sous-estimer un adversaire c’est s’exposer ouvertement à des surprises à l’opposée de ses attentes. Chaque match que l’on commence est un challenge différent, les résultats antérieurs ne doivent pas pousser à un excès de zèle ou à un coup de déprime. Dans son mental on repart toujours de zéro, on doit à nouveau être au meilleur de sa forme, joué son football sans complexe. Bref on doit être présent à la hauteur de l’évènement.
Au niveau trading, l’humilité est également un garde-fou, contre soit même. Il est très important de savoir considérer chaque challenge que l’on affronte comme un cas à part et dont la dépendance avec la situation précédente est très faible. Quelqu’un de sage me disait: “On est orgueilleux quand on a quelque chose à perdre et humble quand on a quelque chose à gagner“… Je pense que ça resume beaucoup de choses.
Finalement le sport est une sorte du trading, ou plutôt le trading une sorte de sport. Je crois que le fait qu’il s’agit d’interaction entre deux ou plusieurs personnes qui veulent la même chose mais qu’au final une seule entité obtiendra gain de cause rapproche le trading au sport. Quand on dissèque en profondeur, on trouve une floppée de valeurs communes. Il y a surement d’autres points que j’ai pas abordé. L’idée est que ces valeurs sont également communes parce qu’elles vont bien au-delà de la dimension sportive, ou du simple trading. C’est aussi une hygiène de vie.
Les asiatiques par exemple, à travers les arts martiaux donnent une dimension au sport qui va bien au delà de son propre cadre. C’est carrement une philosophie de vie, un peu à l’image du code du Bushido. C’est aussi une analogie que j’aurais pu faire mais elle a déjà été faite à de nombreuses reprises. Le fait est qu’il faut réhabiliter les fonctions éducatives du sport et aussi éviter de sataniser les traders. Dans le sport on retrouve des valeurs comme:
- la santé,
- le goût de l’effort,
- le dépassement de soi,
- la connaissance de soi,
- la discipline de groupe,
- l’esprit d’équipe,
- l’acceptation de l’échec,
- la force de caractère,
- la combativité
- etc…
De la même façon je pense que le trading nous apprend également à connaître differente facette de sa propre personnalité. C’est une activité professionnelle qui inculque des valeurs à la personne qui le pratique. Il ne s’agit pas simplement de savoir comment faire du fric, vendre ou acheter, il s’agit aussi de connaître sa propre personne, ses états d’âmes, ses forces, ses faiblesses, ses limites, ses démons…
A présent libre à vous d’être d’accord ou pas avec mon point de vue
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